jeudi 05 mai
Visite guidée à Schaerbeek
Visite matinale de Schaerbeek avec Bram, qui nous guide à travers le quartier et ses connaissances:
-La construction de notre environnement immédiat revisité à travers les deux cent ans qui nous précèdent.
-Les interdépendances avec l'histoire industrielle, coloniale, les vagues migratoires, leurs causes et leurs conséquences.
-Les différentes topologies du quartier et la mixture « exotique » concentrée sur un territoire. Chaque rue a un usage et une histoire propre, dont les apparences diffèrent.
On commence par la Place Liedts et la confusion de circulation qu'elle organise. Les flics eux-mêmes ne manquent pas d'un certain « humour ». Ils s'adressent à la petite dame qui porte ses courses et qui traverse les rails pendant qu'ils roulent dessus:
« alors, on boit de l'eau, hein?... »
Subtil n'est ce pas... notre groupe se fait la remarque.
L'histoire de l'arrivée de la Gare du Nord et la vague d'hôtels et de prostitution qui se sont développées.
« Arrivée à la Gare du Nord, sortie, première rue à droite, tu t'arrêtes Rue du Brabant, tu y trouves tout ce qu'il faut pour s'installer. »
Nous traversons la rue d'Aerschott et ses périodes de prostitution successives en longeant les vitrines où languissent les corps exhibés dans le soleil matinal. Les « consommateurs » de ce type de denrées nous dévisagent avec un air qui en dit long: « Mais qu'est_ce qu'ils foutent ici ces drôles de touristes? ».
Arrivée rue du Brabant, nous paraissons tout aussi décalés dans l'environnement arabisant au milieu des marchandises des 1000 et 1 nuits et des Tout à 5 euros. Nous apprenons que les polonais et italiens arrivés au début du vingtième siècle se sont fait remplacés par les turcs et les marocains. Progressivement les congolais et ghanéens s'immiscent aussi dans le quartier au vu des quelques petites supérettes exotiques qui sont apparues ces cinq dernières années.
On remonte vers la maison communale qui nous éblouit de son éclectisme flamboyant. Arrivés sur l'avenue Henri Dunant qui se coule en s'élargissant vers le parc Josaphat, nous surplombons les visées urbanistiques du roi belge Léopold 2. Les maisons de maître qui bordent cette rue sont pour la plupart issues de concours d'architectes du début du siècle. Le « maquillage » est chargé sur leur façade, pour le dire à la façon de Bram, mais aussi des plus subtils. On apprend également que l'opulence architecturale de cette rue provient des richesses du Congo qui, à cette époque là, est encore une propriété du roi Léopold 2.
Cette étape est la dernière de notre visite, nous retournons vers la maison avec de nouvelles « lunettes » pour regarder le quartier.
Pauline










