vendredi 06 mai
Aujourd'hui, le travail a commencé.
Matin : réunion. Chacun pose ses idées/ envies sur la table (dans la cours au soleil). C'est appétissant.
Dans ce deuxième volet sur le néolibéralisme, nous nous sentons plus à l’aise. Nous disposons déjà d’un vocabulaire commun et savons à quelles saveurs nous pouvons nous attendre. Les pré-projets se croisent déjà, nous font rebondir.
Absurde, jeu, enterrement de l’argent, vitrines, exotic discount, travailler sans argent… nos angles d’attaques émergent, doucement. Ils s’accompagnent de références littéraires, sociologiques, politiques et cinématographiques. Parmi elles nous pouvons compter « la sorcellerie du néocapitalisme », « Energie et équité » d’Ivan Illich, « Enjoy Poverty » de Renzo Martens, que nous avons visionné cet après-midi.
Ici un lien vers un documentaire en 7 parties que nous avons également projeté, dans notre salon spécialement obscurci pour l’occasion. "D'où vient l'argent ? "
http://www.youtube.com/watch?v=j3S5PGoaOK4&feature=related
Et ici un extrait de « Energie et équité », paru en 1973.
L’Américain moyen consacre plus de mille six cents heures par an à sa voiture. Il y est assis, qu’elle soit en marche ou à l’arrêt; il la gare ou cherche à le faire; il travaille pour payer le premier versement comptant ou les traites mensuelles, l’essence, les péages, l’assurance, les impôts et les contraventions. De ses seize heures de veille chaque jour, il en donne quatre à sa voiture, qu’il l’utilise ou qu’il gagne les moyens de le faire. Ce chiffre ne comprend même pas le temps absorbé par des activités secondaires imposées par la circulation : le temps passé à l’hôpital, au tribunal ou au garage, le temps passé à étudier la publicité automobile ou à recueillir des conseils pour acheter la prochaine fois une meilleure bagnole. Presque partout on constate que le coût total des accidents de la route et celui des universités sont du même ordre et qu’ils croissent avec le produit social. Mais, plus révélatrice encore, est l’exigence de temps qui s’y ajoute. S’il exerce une activité professionnelle, l’Américain moyen dépense mille six cents heures chaque année pour parcourir dix mille kilomètres; cela représente à peine 6 kilomètres à l’heure. Dans un pays dépourvu d’industrie de la circulation, les gens atteignent la même vitesse, mais ils vont où ils veulent à pied, en y consacrant non plus 28 %, mais seulement 3 à 8 % du budget-temps social. Sur ce point, la différence entre les pays riches et les pays pauvres ne tient pas à ce que la majorité franchit plus de kilomètres en une heure de son existence, mais à ce que plus d’heures sont dévolues à consommer de fortes doses d’énergie conditionnées et inégalement réparties par l’industrie de la circulation 1.
Marie Sto


