Installation plastique, photo et performance

En rapport avec notre réflexion sur « La Machine néolibérale », le choix de travailler sur le
décalage entre les devises des nations et la réalité des peuples aujourd’hui est un parti pris
engagé. Décalage? Le mot est trop faible. C’est plutôt un abîme, un gouffre... quelque chose
qui file le vertige et met le cerveau sous pression.
Après un studio photo à Kinshasa où les habitants sont venus témoigner du vide des mots
composant la devise congolaise « Paix, justice et travail », l’artiste se retrouve à Bruxelles :
« ya lola » comme la surnomment les Congolais, « le Paradis »! Deuxième épisode du projet
EZAOKUP.
À Schaerbeek, nom de code pour les Bruxellois « Marrakech », beaucoup de personnes
sont originaires du Maghreb, du Congo, du Rwanda... Dans ce quartier dit multiculturel,
l’artiste perçoit le communautarisme, la méfiance de l’autre et l’enfermement sur soi.
« L’Union fait la force »: la devise de la Belgique sonne comme une farce grotesque en ce
temps de profonde crise politique, de scission imminente entre la Flandre et la Wallonie.
Grotesque pour grotesque, inversion pour inversion, l’artiste choisit, en tant que Congolais, d’incarner le roi des Belges et de montrer aux yeux de tous le corps désarticulé de la nation divisée.