
23 Juillet 2010
Etablissement Néolibéré
Jour 1
Sortie de la machine EzaOkup , super Pousspouss customisé :
roues dorées, sol en bois et verticales blanches tamponnées de codes barres "non-commercial" qui rappellent un kiosque. Un second pousspouss suit avec l'attirail plus lourd. Le cortège avance, les 8 artistes sont vêtus de chemises blanches et cravates noires.
Premier arrêt
Terrasse à côté de mont des arts :
Si le char EzaOkup était Le Marché, et qu’il allait déballer son contenu sur l’avenue 24 qui traverse le quartier de Lingwala, il y déposerait ses produits sans achats possibles, ses objets aux prix indiscutables.
Premier déballage, le char se vide de tout son contenu : marché, table de sérigraphie, chaises, tabouret, maisons, parapluies, bouquets de fleurs ...
Le stand d’affichiste de Mega est en place et ouvre la foire aux question venues de tous les passants qui s’arrêtent. Les portes de Pathy sont implantées et forment un couloir immatériel débouchant sur la rivière. Au cœur de nos installations, l'Agence de Promotion de l’Habitat Kinois Néolibéré de Pauline et Ivana s’est déployée au sol. En face, le studio photo de Freddy ouvre ses portes et attend les poseurs. A côté, Carole et la petite Préfiga vendent des « Lipa Metiola » (tartines de métissage), tartines de pain coupé auxquelles on ajoute chocolat noir et blanc, symbole du mixage de deux cultures, d’un mariage mixte
Immédiatement les passants nous questionnent, j'assiste Mega Mingiedi dans son stand. Des vendeuses d'oranges viennent répondre à l'annonce de Mega faite au mégaphone : MITUNA MPE MIYANO (en français : des questions suscitent des réponses ) pour dire questionnez-nous, nous vous répondrons. Il fallait leur expliquer en lingala, langue locale : nous vous présentons le projet EzaOkup qui est une résidence entre deux collectifs, l’un constitué de congolais, l’autre de françaises. Nous avons travaillé pendant trois semaines sur le thème du " néolibéralisme " ou sur le rapport entre une économie globale et une économie locale, la place de l’art dans tout ça, la place de ce qui ne s’achète pas. Chacun de nous a porté un regard sur ces questions. Discussions avec les passants, très intéressés par ce qui sort du char. Curiosité ... Les vendeuses d'oranges passent devant le studio photo, s’étonnent d'entendre que les photos sont gratuites et qu’elles sont à retirer le jour suivant : elles acceptent de participer et prennent la pose.
Mega tamponne, et moi je vais coller les affiches en face. Premières impressions des passants de l'autre coté de la rue. L’un questionne : « mais c'est quoi ces mots ? ». Je lui réponds : il faut traverser de l'autre coté de la rue pour savoir de quoi il s'agit. Il semble étonné par ma réponse.
Il prend la peine de venir voir ce qui se passe. Comme beaucoup de passants il s’attarde sur chaque intervention pour en comprendre le sens, pour comprendre notre place ici, ce qu’on pourrait vouloir dire avec ça, ce que l’on compte en faire après…
On lève les voiles, plutôt les tables puisqu'il s'agit de transporter nos stands-produits.
Durant le parcours, on tire le char ou plutôt on le pousse. Coup de mégaphone pour accompagner le cortège, un peu avant d'arriver à destination. Des enfants en plein match interrompent leur jeu pour lire la petite affiche qui annonçait la vente du pain métissée « Lipa metiola à 50 Fc » très étonnés de cette affiche ... il nous suivent pour avoir des précisions car c'est un prix hors concurrence, il n'y a pas de pain à ce prix là.
Deuxième arrêt
Avenue kato, devant l'habitat ...
« On déballe ! », crie l'annonce au mégaphone , un public assez jeune , une masse d'enfants nous accueille avec des questions : « où est ce pain à 50 Fc ?»
« Et c'est quoi toutes ces maisons en carton ? C'est à vendre ou c’est des cadeaux ?... » La présence du mégaphone attire encore les questions des visiteurs «c'est quoi ce que vous faites ? »
Je répond à un moniteur en cravate qui passait : «eh bien , voici le projet EzaOkup qui est une collaboration entre deux collectifs : un qui vient de France et l'autre qui est basé au Congo. Notre thème de travail est le néolibéralisme, chaque artiste présente son approche via différentes pratiques appropriées à la question. Comme vous voyez nous sommes sur la table de l'atelier sérigraphie, avec des mots qui sont tirés de cette notion néolibérale : PAYE MERCI. Cette expression figure sur toutes les factures que nous utilisons à Kinshasa , Mega que vous voyez ici a côté l’a détournée pour en faire des affiches énigmatiques ...
Je me suis retrouvé à expliquer aux différentes personnes le contenu et la diversité des projets ...
A côté des enfants s'impatientant pour jouer avec les maisons habillées de pagne ; Pauline essaie de les calmer mais comme c'est du français qu'elle utilise , ils sont tout excités de toucher et manipuler les maisons. Il y a du monde qui passe et qui s'étonne, d'autres questionnent , certains posent vraiment des questions de fond.
Androa Mindre et Widjo, travaillent avec les portes de Pathy. Ils les utilisent pour faire une pièce de théâtre dans la rue. A la fin de la représentation, des jeunes qui suivaient attentivement ont applaudit la scène qui me semblait assez drôle ...
A côté le studio photo de Freddy continue de faire bon train ; des enfants se demandent comment la photo leur sera rendue, des habitants de l'avenue questionnent Freddy sur les photos... après quelques débats, certains acceptent de participer...
Le soleil (de plomb) est aussi au rendez vous , Mega et moi nous protégeons sous le parasol de l'atelier sérigraphie, les autres à côté sous une terrasse ... On décide d'y aller... en route pour le rail ...
Troisième arrêt
RAIL en face de chez adgedge
Après une autre chevauchée, à travers les ruelles de Lingwala , Pauline vient vers moi et me demande pourquoi on est venus ici ? Je lui répond : « mais je ne fais que suivre ceux qui sont devant, il faut me dire si c'est ici ou ailleurs. » Après quelques minutes de mise au point , le char se déplace vers l'entrée de l'académie des beaux arts sur la direction du rail. Mega nous précède avec son vélo devant l'avenue pour annoncer notre arrivée, on traverse laissant derrière nous le studio photo de Freddy, l'agence immobilière et les portes de Pathy ...
On commence à installer, j'ai des assistants à côté, 140 et Fanfan m'assistent. Après quelques minutes, le studio, les portes, etc... arrivent ensemble et tous se mêlent entre curiosité et étonnement de plusieurs passants. Le pain metiola attire de la clientèle, le structure du studio interroge certain passants ; les portes sont posées sur l'entrée ... les questions vont dans tout les sens. Le mégaphone continue d'attirer du monde mais aussi des questions Je vois très peu les autres, depuis mon couloir, je suis quand même les mouvements des gens dans leurs étonnements . Je reçois du monde dans le couloir parmi lesquels un jeune qui me demande pourquoi ? le couloir est si petit , il fallait que vous fassiez cela un peu plus grand , petit rire de ma part sans trop savoir comment lui répondre ... Cedrick Nzolo









































































