
25/28 Juillet 2010
Paris, le 29 juillet 2010.
Retour à Mikili, fin de la première étape.
Hier, à l’aéroport Ndjili nous essayions de mimer de loin à Pauline , Pathy, et Paulin nos derniers sentiments : nous avions comme une boule de foufou coincée dans la gorge. Nous n’avions pas pu dire au-revoir à Kenzo, entre autres.
Vides et pleines à la fois. Pleines et vides. Tant de questions sans réponses, mais autant de nouveaux questionnements.
Voyage sans encombre. Nous avons dormi. Arrivées à Paris, comme si de rien n’était, ou presque.
Il nous a déjà été reproché par nos fidèles lecteurs de ne pas avoir encore relaté les évènements du 25 Juillet. Encore une fois tout est allé très vite, mais ne tardons plus à réparer cette négligence.
Donc dimanche 25 Juillet 2010 nous sommes ressortis avec notre établissement néo-libéré, que nous avons placé de 13H à 21H sur la place Comet, en face de la kermesse Lipanda. Un Dimanche donc. Qui plus est, à l’heure où la messe n’est pas encore finie, avant le repas Dominical, les informations télévisées hebdomadaires… Bref, un grand sentiment de solitude nous a envahi. Les enfants, toujours précurseurs, se sont rassemblés autour de nous, puis les plus grands arrivèrent enfin, vers 17H.
Les discussions se multipliaient, le couloir mituna continuait d’interroger Papa Mbongo (monsieur argent) et les passants. L’atelier sérigraphie de Mega s’est ouvert aux enfants, le studio photo de Freddy battait son plein, les parcelles de l’Agence immobilière de l’habitat kinois néo-libéré se formaient et se rangeaient pour se reformer un peu plus loin, toujours selon les explications des passants, Carole partageait ses pinceaux et ses intentions, les tartines « lipa metiola » se vendaient comme des petits pains, et le mégaphone annonçait «bokutani ya bolingo, bokutani ya bolingo, attention dans un instant !» sur l’air de lelele lelele. Ce jeu, « les rencontres de l’amour », basé sur le principe du Tournez-manège français permettait à deux hommes et deux femmes de s’interroger sur les notions de liberté, d’égalité, de propriété et d’insécurité. Parmi les questions figurant sur les cartes, on pouvait trouver : « quel est ton premier souvenir de liberté ? Te sens-tu protégé par la loi ? Penses-tu qu’une femme a les mêmes droits qu’un homme ? etc… » ou encore : « est- ce que l’on t’a déjà dit que tu avais un regard sensuel ? ». Les réponses furent aussi diverses et surprenantes qu’il y eu de participants. A la clé : le couple vainqueur était invité à partager une boisson sur la terrasse voisine et à continuer les discussions entamées lors du Jeu.
Widjo a clos la soirée par un petit spectacle de marionnettes. Nous remballions, en se disant que vu le succès que nous remportions nous aurions pu rester encore un peu.
Avec un peu de recul, nous pouvons dire que notre production a été un moteur à discussions, un motivateur à relations, où l’évènement n’était pas les choses montrées, mais bel et bien la participation et les échanges avec un public d’une curiosité et d’une vivacité étonnante.
Les deux jours suivants nous avons pu constater que sur Comet l’on continuait à nous réclamer du lipa metiola et à chantonner le « jingle » de bokutani ya bolingo.
Les artistes d’Ezaokup réfléchissent déjà à la deuxième étape de leur projet.
A l’ordre du jour : recherche de financements. Nous relançons la « machine néo-libérale » (néo-libérée ?).
Mais surtout, comme disait Humphrey Bogaert “ I think this is the beginning of a beautifull friendship.”
Marie sto.












