RECHERCHES - Art...
"Quand je vois un homme, qu'il soit blanc ou noir, ou peut-être ce que vous voulez, jaune ou rouge, je me dis: 'En voici encore un! Les enfants de l'existence! Les gosses de la vie'. Voici une histoire vécue qui vous fait signe. Une histoire vécue par des gens résistants à la Vie. Egalement très résistants à la forme de leur gueule. N'allez pas vous mettre à penser qu'on ait une opinion si chatoyante de nous. On s'est cent fois remis en cause; d'où on a fini par apprendre qu'au fond toutes les fois qu'on disait 'nous', on désignait nous, vous, les autres, tous. Les gosses de l'existence.
En fait, je suis un homme où se sont embourbés tous les autres, non point par la forme de leur nez, ni par le nombre de leurs dents, ni encore par composition chimique, ni par contrat ou démonstration mathématique; mais seulement par cette délicieuse manière de clocher dans la vie.
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Il convient de présenter en toute honnêteté les données du problème, de parler jusqu'au bout, mais de préférence avec une passion dépassionnée.
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Je ne sais si j'ai raison de penser que l'écrivain, l'artiste en général est le seul qui sache qu'étant porteurs d'une existence mal sue, nous devons inventer une éternelle soif d'identité, que le monde, les générations, les peuples même peuvent mourir si cette soif (soif ou faim comme vous voudrez) cesse d'être leur essence -leur âme- je dis âme parce que ce mot n'a pas encore été chassé des dictionnaires.
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Je vous dis tout de suite que mes propos ne seront pas des vérités sacro-saintes (j'ai horreur des vérités éternelles, elles ont toujours donné froid dans le dos), j'estime par contre que la vérité est circonstancielle, temporelle, polycentrique et comme la beauté son éclat dépend du soleil de la lune.
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Je n'ose pas vous faire le catalogue de notre monde d'aujourd'hui, qui en un mot est un grand malade. Le diagnostic est simple, pour arriver à conclure que notre monde manque d'idéal. Il faut dire qu'à une certaine étape l'idéal est inséparable du rêve. Or notre siècle ne peut plus rêver. Pire encore: notre siècle condamne le rêve. Tout a été fait et établi; nous n'avons plus qu'à nous contenter du rôle honteux de consommateur -consommateurs d'esthétique, consommateurs de philosophie, consommateur de cultures... d'angoisses qui sont loin d'être nos angoisses.
Préface à la planète des signes
Sony Labou Tansi
* Travail vidéo d'Anri Sala, à propos d'une action mise en oeuvre par le Maire de Tirana-peintre:
Damni i colori
* extrait de discussion avec Monica Nador:
bientôt ; )
* le blog de Brian Holmes, ecrivain, theoricien, activiste, qui a longtemps collaboré avec Bureau d'Etudes et Multitudes:
http://brianholmes.wordpress.com/
The politics of perception, Art and the world economy:
http://brianholmes.wordpress.com/2009/09/26/the-politics-of-perception/
http://www.urbantactics.org/